Nos Plateformes ?

1. La plateforme mobile

Elle sera un support d’incitations dynamiques qui se construira à partir d’un collectif de personnes recherchant tout simplement le bonheur de trouver de l’appétence, un désir qui s’attache aux choses qui nous font plaisir, qui apporte de l’épanouissement ; mais aussi la volonté de se séparer de ce qu’on n’est plus capable de faire, de savoir faire des deuils, d’être présent en tant que personne avec son propre parcours, au lieu de chercher à être ou à avoir ce qu’on n’a pas la capacité d’être ou d’avoir.

Elle sera aussi un espace, par la parole et l’écoute, qui consiste à apprendre à se détacher des illusions, à lâcher prise.

2. La plateforme logistique

Elle établira une fiche avec les renseignements sur la personne, afin de la localiser, de pointer sa zone géographique. Cela permettra en particulier de donner aux services publics et aux réseaux des statistiques sur le pic d’appel ou sur les zones les plus fragiles.

3. Plateforme solidaire

La solidarité entre personnes âgées qui se seront connues dans notre établissement permettra, nous l’espérons, d’anticiper et d’alerter le service des situations difficiles.

Cette plateforme s’inscrira dans la démarche de dynamiser un collectif dans les différentes zones géographiques afin de créer des échanges entre les personnes âgées et d’autres personnes vivant dans le même quartier.

Dans les groupes, des thèmes pourront être abordés avec des intervenants spécialisés

extérieurs, en lien avec le réseau ou non. Des personnes du voisinage et des personnes âgées pourront être à l’initiative d’animations. Le but est de propulser un partage solidaire de voisinage. Cet espace sera aussi un lieu où recueillir des demandes et des problématiques communes. La diversité des propositions et des lieux d’intervention permettra une intervention plus adaptée aux personnes, et une individualisation des besoins.

Au cœur des quartiers, nous pensons « rendre visible » son quartier à chacun. La qualité du contact, la régularité des actions permettra d’être au plus près des attentes et besoins. Un soutien en continu entre toutes les personnes venant au service pourra s’établir.

Pour les personnes dans l’incapacité de se déplacer ou à mobilité réduite, on va proposer de les transporter, de créer des relations conviviales et de confiance, en recherchant des souvenirs agréables, en évoquant des choses qui les intéressent, en tissant des liens entre leur propre histoire, leurs désirs et leurs plaisirs, comme cela peut être, ou tout simplement en offrant une présence et une écoute

L’état, les collectivités et les acteurs du secteur organisent aussi beaucoup d’évènements et d’actions en direction de ces populations, dans une solidarité intergénérationnelle et citoyenne, nous ferons donc du lien pour que les personnes y participent.

4. La plateforme technique

Nous proposerons des services, avec un plateau technique de plus en plus large en faveur du bien-vieillir. Toutefois le cloisonnement des services empêche parfois les bénéficiaires potentiels de bien les connaître, se privant ainsi des bienfaits de leurs actions, nous serons donc là pour informer.

Si on considère que la vieillesse est une période de vie à investir, elle doit être préparée. Cette préparation doit être anticipée dans les lieux de travail ou par des actions des collectivités publiques.

5. La plateforme formative et informative

Cette démarche formative amène une projection rassurante pour l’individu car elle lui permettra de traverser ce passage sensible de l’activité à l’inactivité professionnelle. Ce passage ne peut se faire sans au préalable reconnaître le parcours de l’individu et voir avec lui comment il envisage sa retraite.

La démarche informative quant à elle, proposera des informations, des services dédiés aux personnes âgées, des services de bénévolat.

Les chômeurs de longue durée en déperdition de compétences, seront valorisés par la formation et l’emploi. Ils pourront mener des actions sur le terrain en faveur des personnes âgées, avec une formation à l’écoute, à l’accompagnement des personnes.

Le but de ces collectifs est de remplir les conditions pour engager une solidarité entre groupes de générations fragilisées, une solidarité dans une dynamique de partage d’expériences, pour nouer, s’il est possible, de nouvelles relations de partage de savoirs, au plus proche de chacun puisque dans leur quartier.

La relation, la capacité d’échanger et de partager par le travail redonnerait une dynamique d’utilité, ainsi que de compréhension de l’isolement et de ce qu’il entraîne.

6. Espaces collectifs et individuels

Dans ce travail d’échange, les initiatives devront se développer, et l’idée est que chacun puisse s’exprimer et amener sa réflexion dans les espaces collectifs et individuels que nous proposons.

La relation, la capacité d’échanger et de partager par le travail redonnerait une dynamique d’utilité, ainsi que de compréhension de l’isolement et de ce qu’il entraîne. Pour maintenir les liens, maintenir du relationnel, on créera un lieu de parole spontané dédié aux échanges entre toutes les personnes qui fréquentent le service, et un groupe de parole planifié par thèmes.

Ces thèmes seront proposés par le service ou par les personnes en fonction de leurs passions ou métiers ; des experts seront présents pour animer certains groupes. Les quatre catégories de populations fragilisées que nous avons identifiés qui sont : les personnes âgées, les aidants, les chômeurs et les actifs, se rencontreront dans des espaces communs.

Les aidants seront soutenus et auront une meilleure connaissance des supports et appuis dont ils peuvent bénéficier en tant qu’accompagnants de personnes âgées. Les espaces conviviaux sont des interfaces de communication et de soutien

préservant une solidarité de type familial avec l’aménagement de moments de relais et/ou d’aide pour les moments de difficultés ponctuelles, ou dans les moments de démotivation.

Cette entraide sera proposée dans ces espaces conviviaux, ainsi que lors de déplacements à domicile, et d’échanges téléphoniques permettant de soutenir et de rassurer les personnes. Ainsi se sentant réconfortées, elles oseraient appeler, nous y inviterions, plus régulièrement, tant pour être réconfortées que pour proposer et organiser des actions occasionnelles ou durables.

Les actifs malades, en partageant les difficultés du quotidien, en sortant de chez eux, se sentiraient aidés, au point où ils en sont (aidés à aller vers, à partager, à n’être plus seuls ; et surtout d’être soutenus).

Les personnes âgées, en étant poussées à amener leur expertise et à s’investir dans l’entraide et le partage de leurs expériences, se verraient ainsi permettre de s’ouvrir vers l’autre, de savoir être écoutées et non plus seules, de ne plus avoir peur de gêner.

7. Pour conclure

Les personnes en sont de plus en plus à rechercher une certaine qualité de vie, notion bien sûr multiforme et subjective mais que nous pouvons mettre en œuvre avec l’écoute singulière et la solidarité individuelle comme collective.

Nous cherchons à faire progresser la conception de la vieillesse selon laquelle c’est une période de vie comme les autres.

La vieillesse doit être appréhendée comme la suite des autres périodes de la vie, à vivre avec son lot de transformations, à accepter.

Cette période peut se vivre de manière positive si l’on s‘attache à être vigilant, tous ensemble, à la qualité de vie, dans ce contexte où la vieillesse est effectivement la fin de la vie.

Cette fin est difficilement programmable, elle n’est pas évaluée par les personnes, n’est pas matérialisée, car nul ne connaît la date de sa fin, de sa mort.

Ce regard qu’on porte sur la vieillesse comme une fin, empêche de l’investir comme une période à vivre et induit de la regarder sous l’angle d’une affection et d’un problème.

D’où les phénomènes que nous avons évoqués ici. La vieillesse est vue comme problème et pas comme solution pour rester en vie, malgré des réponses et des propositions renouvelées, d’où la nécessité de changer notre regard sur la vieillesse, en s’efforçant de faire que cette démarche de la qualité de vie soit investie par les personnes elles-mêmes de manière anticipée et préventive.